Une idée bien ancrée dans la tête du plus grand nombre, et en tout cas dans celle de la plupart de nos dirigeants, est que l’optimisation des systèmes de production passe par leur concentration.

Par exemple, les fonctionnaires du ministère de l’Agriculture en sont persuadés : les progrès en élevage canin et félin passent par la disparition des petits éleveurs, rapidement catalogués « amateurs », au profit de grosses structures concentrationnaires.

Pourtant, ce n’est pas aussi simple. Et l’observation de ce qui se passe en élevage bovin devrait porter à réfléchir.

Il existait un peu plus de 400 races d’élevage bovin au début du siècle dernier. En réalité, le plus grand nombre d’entre elles ont complètement disparu, et la recherche de la productivité systématique a conduit à ne plus élever et sélectionner qu’une douzaine de races au plus. 12 étant en réalité un chiffre très optimiste, les races effectivement présentes sur notre territoire étant plus proches de quatre que de 12.

Avec un problème sous-jacent que les biologistes honnêtes ne peuvent manquer de souligner : un tel appauvrissement du nombre de races correspond surtout à un formidable appauvrissement du potentiel génétique de l’espèce ! Personne ne vous le dira, parce que ce n’est pas à la mode, mais la vérité est là : le cheptel bovin français est menacé, par appauvrissement excessif de son patrimoine génétique.

Personne ne vous le dira non plus, mais pour diverses raisons, et tout à fait paradoxalement, l’avenir de l’espèce canine n’est pas plus assuré que cela ! En réalité, il est très facile de le démontrer : moins il y a d’éleveurs, moins il y a de diversité génétique. Et moins il y a de diversité génétique, plus une race se trouve menacée !

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Cela commence à se dire, au moins sous le manteau. De nombreuses races canines se trouvent polluées par des tares, des maladies génétiques, qu’il n’est en réalité plus possible d’éradiquer.

Or, la réduction du nombre des élevages, et leur concentration en élevages industriels ne vont pas dans le sens du maintien optimal de la diversité génétique des races. C’est même exactement le contraire.

La situation pourrait devenir rapidement plus grave encore qu’en élevage bovin, car le très grand nombre de races canines, paradoxalement, ne va pas dans le sens d’un brassage génétique suffisant à l’intérieur de chaque race. Plus il y a de races, moins nombreux sont les individus par race. Et si une race n’est plus élevée que par une poignée d’éleveurs, on peut prévoir un accroissement rapide des niveaux de consanguinité, notamment par le fait d’une réduction certaine du nombre des étalons réellement utilisés.

L’obstination du ministère de l’Agriculture à favoriser les élevages industriels va peut-être dans le sens de l’intérêt de ces élevages, mais à l’évidence marche à l’encontre de celui de la qualité de nos cheptels. Des structures plus petites ou très petites sont mieux à même d’assurer un niveau optimum de brassage génétique.

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