Vous souvenez-vous de mon précédent billet : j’y rapportais comment je suis en train d’essayer de transformer, dans un salon de toilettage, une clientèle habituée à coupes et tontes, en une clientèle satisfaite de conserver le poil long de leurs compagnons, et les difficultés de mes collaborateurs à tenir un discours commercial persuasif.

shitzu

Ce qui me surprenait le plus, c’est que malgré longs discours et arguties diverses, ils ne convainquaient pratiquement personne, tandis que, après même qu’ils aient échoué, je parvenais à persuader en quelques mots.

Ce qui me conduit à cette anecdote : en réalité, je profitais d’un moment de répit (pour moi), pour rédiger sur un coin de table l’article auquel je fais référence. Or, je n’avais pas enregistré mon fichier sur mon ordinateur portable, qu’on m’appelait : une clientèle « faisait de la résistance », et exigeait une « coupe aux ciseaux » sur son chien à poil long tombant.

La tête encore à mon article, je marche vers la cliente, un peu somnambule. Je lui découvre un joli petit Shih tsu, dont le poil, plutôt en bon état, ne justifie vraiment aucun mauvais traitement. Mais je ne suis pas vraiment en « état d’esprit de polémiquer » ; et de plus, la cliente ne donne pas le sentiment d’être particulièrement ouverte au dialogue. En fait, je démissionne par avance :

– Vous voulez une coupe sur ce très joli chien ? C’est extrêmement dommage, mais pas de problème, nous allons le faire.

Et je reprends le chemin de mon ordinateur. Mais la cliente me retient, agressive :

– Dommage ? Pourquoi dites-vous dommage ?

– Parce que ce poil est en excellent état, facile à entretenir, avec de très jolies couleurs, et que ce ne sera plus le cas, après une coupe. Mais vous voulez une coupe, nous allons faire une coupe.

– Ah mais pas du tout, si vous dites que c’est dommage, je ne veux pas nuire à mon chien ! C’est vous le professionnel. Si vous dites qu’il ne faut pas couper, on ne coupe pas !

– Mais…

– Ah non, j’insiste, un démêlage, et un bain, il n’est pas question que vous fassiez autre chose !

La scène est strictement authentique : j’invite ceux d’entre vous qui en douteraient à prendre contact avec mes collaborateurs, qui en ont sont restés de longs moments plus qu’interloqués, comme vous le pensez.

Pas autant qu’ils l’auraient été s’ils avaient su que c’est précisément de cela dont nous venions de nous entretenir, mon ordinateur et moi…

Michel GEORGEL

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