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À la recherche du temps passé

Nous l’avons compris, pour des raisons culturelles, l’hygiène et la cosmétologie ne sont pas susceptibles de retenir sérieusement l’attention des toiletteurs : mais il y a plus et je l’ai déjà suggéré, non seulement le service, quand il existe, n’est pas à la hauteur de ce qu’il devrait, mais il est le plus souvent proposé à des prix de nature à décourager la majorité des gens raisonnables !

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Oserais-je l’avouer : les méthodes utilisées pour établir leurs tarifs par un grand nombre de salons de toilettage restent pour moi un insondable mystère ! Tout se passe comme si l’étalon de mesure était le poids ou peut-être le volume des animaux ! C’est ainsi que bien souvent l’écart de prix entre un simple bain et un toilettage sophistiqué est si mince qu’on ne l’aperçoit pas ! Le problème est que le client — propriétaire, s’il est incapable de se rendre compte du temps qu’il faut pour une coupe ou une épilation, a tout de même une petite idée de celui que nécessite le bain de son chien, et il n’est pas prêt à payer pour cela ce qui lui paraît déraisonnable !

Pour moi, il n’existe qu’un seul moyen pour constituer une grille de prix qui ait un sens, c’est la table de multiplication : on multiplie le temps passé par son prix de revient horaire.

Ce « temps passé » devant être aussi court que la technique le rend possible, et c’est à cela que doivent concourir toutes les installations de l’établissement ; à titre d’exemple, on le sait, un simple rinçage avec une eau dépourvue de calcaire divisera le temps de séchage par deux ou trois ; ce qui est impossible à réaliser pour une installation particulière devient indispensable si l’on veut professionnaliser l’activité ! Seul le professionnel peut investir dans des équipements qui lui permettront d’offrir un travail compétitif, avec un résultat et une qualité de finition absolument inaccessibles à l’amateur.

Exemple pratique : voilà ce Jack Russel terrier ! 10 minutes pour le peeling, 10 pour le bain, 10 pour le séchage et la finition, cela nous fait 30 minutes, à multiplier pour le prix de vente de la minute dans votre salon, et voilà le prix exact de votre prestation.

C’est ici le moment de reparler de ce que j’appelle « l’intelligence du toilettage » : supposez maintenant que vous demandiez plus que ce prix raisonnable !

Vous serez d’ailleurs souvent tentés de le faire : dans un premier temps, votre client semblera ne pas contester votre prix ; et il le contestera d’autant moins que celui-ci semblera corroboré par votre concurrence. Et il est vrai qu’il est difficile de « bien gagner sa vie » par la pratique des coupes et des tontes : sur ce terrain-là, je l’ai déjà dit, la concurrence vous guette sans tendresse, au point que bien souvent, pourquoi ne pas le reconnaître, vous en êtes réduits à travailler pour un prix fort proche de votre prix de revient, quand ce n’est pas en dessous ! Alors, quand il passe un bain, profitons-en ! Celui-là va « payer » pour tous les autres…

Seulement voilà, en adoptant cette politique, vous êtes en train de « sélectionner » votre clientèle à votre entier détriment ! Vous n’êtes pas assez cher pour les couples et les tontes, et votre récompense, c’est que du point de vue de la clientèle, vous êtes le plus compétitif ! Des coupes et des tontes, il vous en vient de plus en plus ! Mais pour les bains, vous êtes « hors marché » ! C’est là que vous auriez pu pratiquer des prix équilibrés, mais problème, il vous en vient de moins en moins, et bientôt plus du tout ! Plus le temps passe, et plus se réduit la profitabilité de votre entreprise.

Maintenant, que se serait-il passé, si vos prix étaient calculés, non pas au poids ou au volume, pour ne pas dire « à la tête » du client, mais en fonction du temps réellement passé ? La réponse est évidente : une sélection se serait également opérée, mais à votre avantage ! Comme vous vous seriez révélé les plus compétitifs sur les bains (comme sur les autres actes de la zoocosmétologie), vous en compteriez de plus en plus ; quant aux travaux mal rémunérés, vous les aurez laissés, sans même vous en rendre compte, à votre concurrence !

Voilà qui vous permet de comprendre pourquoi dans une même zone de chalandise, avec le même potentiel, certains professionnels se plaignent de la dureté de leur vie, quand d’autres semblent se porter fort bien…

Pour un toilettage intelligent, par Michel Georgel

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