Au début du siècle dernier, les psychologues comportementalistes américains ont décrit ce qu’ils ont appelé : « la loi de l’effet » (Thorndike) : un être vivant a tendance à reproduire ce qui a entraîné pour lui une conséquence avantageuse et généralement, évite de recommencer ce qui lui a nui.

Par la suite, ils ont utilisé ce principe pour enseigner à des animaux toutes sortes de comportements, et celui qui est allé le plus loin dans ce domaine est le comportementaliste Skinner. Skinner et ses disciples se sont rapidement rendu compte que les punitions (renforcements négatifs) pouvaient certes conduire à interrompre un comportement, mais qu’elles n’avaient pas d’effet pour amener à en produire un nouveau : cela, seules les récompenses, judicieusement distribuées, étaient en mesure de l’obtenir.

On a donc imaginé des processus éducatifs utilisant exclusivement les renforcements positifs, à l’exclusion de toute forme de renforcement négatif : c’est ce que l’on va appeler « l’éducation positive ». Les principes d’une éducation positive ont été largement appliqués tant dans les familles qu’au sein des systèmes scolaires outre-Atlantique (États-Unis), puis plus ou moins remis, en question, au moins partiellement, sur la fin du siècle dernier.

Ces mêmes principes ont été étendus au monde du chien, d’abord aux États-Unis, puis en France, au cours de la dernière décennie, où ils réalisent une véritable unanimité.

Avec tout de même, nous allons le voir, une sérieuse petite difficulté : l’éducation positive, comme tous les systèmes issus des réflexions des psychologues comportementalistes américains reposent donc sur le même postulat, celui de : « la loi de l’effet ».

Vous pourriez obtenir plus ou moins ce que vous voulez d’un être vivant en renforçant positivement les comportements souhaités, c’est-à-dire en les « récompensant ».

Mais quelles récompenses ? Quel est le meilleur mode de distribution de ces récompenses ? Comment faire pour que la distribution d’une récompense ne devienne pas rapidement inefficace ? Depuis la parution en 1943 d’un article expliquant la pyramide des besoins, par le psychologue Maslow, des centaines, des milliers peut-être de théories, ont été publiées sur ce sujet.

Ce qui suggère bien qu’il y a là un réel problème.

C’est que, depuis Konrad Lorenz, le principe même des motivations avait déjà été très sérieusement battu en brèche par les éthologistes.

Et l’on a fini par se rendre compte que la question des récompenses n’a pas de solution ! Ce que l’entrepreneur américain Bob Davids a dit : « il est absolument impossible à un être humain d’en motiver un autre » est en réalité applicable à tous les êtres vivants, et donc aussi aux chiens.

Dit autrement, la loi de l’effet de Thorndike est fausse, et toutes les méthodes reposant sur l’application de cette loi doivent être repensées. Les êtres vivants n’agissent pas pour être récompensés.

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Aujourd’hui, beaucoup de chercheurs l’affirment. Dans une entreprise, la question à poser n’est pas : « comment motiver », mais « comment créer un environnement qui pousse les gens à se motiver eux-mêmes ». Une démarche, certes, beaucoup plus difficile, mais c’est la seule qui fonctionne.

Dans mon livre traitant du comportement, j’ai longuement démontré que nous ne savons pas réellement pourquoi les animaux et donc aussi les chiens font ce qu’ils font. Ou plus exactement, nous le savons : ils font ce qu’ils font parce qu’ils ont envie de le faire !

Un être recherche toujours à se trouver en harmonie avec son environnement. L’homme qui veut bien vivre avec son chien doit s’organiser, non pour tenter de manipuler le comportement de ce dernier (en réalité, cela ne marche pas), mais pour créer un environnement qui permette à l’animal de s’épanouir en harmonie avec lui.

Finalement, ce qu’il faut rechercher, c’est quelque chose que l’on pourrait appeler : « l’éducation harmonique », et que j’ai appelé : « éducation réciproque » dans un manuel.

Des perspectives véritablement grisantes pour toute personne qui s’intéresse de près ou de loin à la relation humain animal !

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One Response to Éducation positive : peut-on aller encore plus loin ?

  1. […] de nos billets précédents n’ont cessé de dire : la véritable attente des clients qui s’adressent à l’éducateur […]

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