Les fondamentaux du toilettage

Pour commencer, il faut en revenir à l’essentiel : des poils, pourquoi faire ? Chez les humains, la question reste sans réellement de réponse ; incontestablement, les poils sur la tête des femelles humaines jouent un rôle au moins partiel dans le processus de sélection, les mâles semblant donner une sorte de préférence aux poils les mieux ordonnés, avec un paradoxe : ce qui est recherché sur le dessus du crâne est plutôt sujet de répulsion sur le reste de la tête, en particulier le visage, comme sur la majorité du corps, ce que le système hormonal femelle semble avoir assez bien enregistré ; quand il ne le fait pas correctement ou pas suffisamment, la pression sélective n’en est pas sérieusement modifiée, des processus artificiels (des épilations) permettant aux femelles de l’espèce de masquer plus ou moins complètement cette relative déficience (qui a donc pu, sinon se développer, du moins ne pas se voir éliminée par la pression sélective)…

Et chez les animaux ? La question semble aller de soi : les fourrures protègent des agressions climatiques, et notamment du froid ; cela est si vrai que certains animaux dépourvus de poils, les humains, encore eux, n’ont pas hésité à « voler » leurs fourrures à d’autres animaux, mieux ou beaucoup mieux pourvus qu’eux, allant jusqu’à l’assassinat de ces derniers, parfois même pour cet unique motif.

Mais, fondamentalement, qu’est-ce qui distingue une peau nue d’une peau recouverte de poils ?

Modalité des échanges thermiques dans le cas de glandes sudoripares inactives

Chez l’homme, la chaleur entraîne une augmentation du calibre des vaisseaux sanguins ; c’est la vasodilatation, suivie de la mise en action des glandes sudoripares.

Or, et c’est un point tout à fait essentiel, dont le public n’a en général pas conscience, et qui a pour conséquence que de nombreuses réactions dictées par un anthropomorphisme irréfléchi se révèlent ici plus que contre-productives, parfaitement inappropriées : les glandes sudoripares sont absentes, ou en tout cas inactives tant chez le chien que chez le chat, ces animaux ne transpirent pas.

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Chez les carnivores à fourrure, le tissu adipeux et le matelas d’air retenu par le pelage agissent donc seuls comme des amortisseurs des échanges thermiques. Mais ils agissent dans les deux sens : ils limitent bien sûr les pertes caloriques de l’organisme, ce qui est évident, mais ce qui l’est moins, c’est qu’ils ont exactement le même effet, quand il s’agit de protéger l’organisme d’un excès calorique. Il est « humainement » difficile de s’en persuader, mais leur fourrure protège les animaux autant de la chaleur que du froid.

L’homme (la femme) qui a trop chaud retire son vêtement, de fourrure ou non, quand il a chaud, et il a bien raison de le faire. Mais pour un animal, il est absurde de penser faciliter la lutte contre une chaleur importante, sinon de la même façon, du moins par un procédé analogue : la tonte de la fourrure ! Contrairement à la nôtre, la peau d’un animal n’est absolument pas armée pour lutter directement, de manière efficace contre la chaleur. Mieux, les animaux à fourrure présentent un pannicule sous-cutané moindre (graisse protectrice sous la peau) que les animaux à poil ras (Comparer la morphologie du Labrador retriever  -poil ras, pannicule sous-cutané important – avec celle de son cousin, le Golden retriever – poil mi-long, pannicule nettement moindre -) : la tonte a donc pour effet, non pas de ramener les premiers à la condition des seconds, mais à une situation bien pire, les livrant sans protection efficace aux variations de température de l’environnement… or, on rapporte que les récepteurs cutanés chez le chien sont sensibles à des variations de… 0,001 °C ! On peut soutenir sans exagérer que raccourcir un poil long est donc en réalité une forme de mauvais traitement envers l’animal (qui finira un jour par être sanctionné, quand l’archaïque ignorance sur ces sujets aura un peu reculé).

Dit autrement, à la différence du cheveu chez l’homme, le poil du chien n’est pas un élément essentiellement décoratif, mais l’un des paramètres de l’équilibre physiologique de l’animal.

Un argument souvent soutenu par les partisans du raccourcissement des fourrures est que les chiens halètent quand ils sont soumis à des températures élevées ; ce qui est parfaitement exact, et même heureux, puisque c’est par cette ventilation « forcée » que ces animaux parviennent à maintenir leur homéothermie, seul moyen d’ailleurs à leur disposition pour cette fin. Cela signifie que les mêmes sujets halèteraient de la même façon sans leur fourrure, ou mieux, halèteraient plus encore, puisque la protection du matelas thermique maintenu dans la fourrure leur serait alors retirée.

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La fourrure, ça marche comment ?

Répétons-le : ce n’est pas directement que le poil protège l’animal des variations de température de son environnement ; en effet, la kératine, son principal constituant, est un excellent conducteur de la température, ce qui ne la qualifie pas du tout pour jouer quelque rôle de protection thermique que ce soit. C’est donc une autre qualité de cette kératine qui est mise en œuvre ici : sa rigidité ! Cette rigidité, combinée à une certaine densité du pelage, détermine un volume d’air stable autour de l’animal, dont la température est intermédiaire entre celle de la température du corps et celle du milieu environnant : ce rôle de « tampon thermique » justifie pleinement la dénomination couramment employée de « matelas thermique » ou plus simplement « matelas d’air ».

On conçoit facilement que pour deux pelages de nature identique, la meilleure efficacité sera atteinte par celui qui déterminera le volume d’air le plus important. Les facteurs limitatifs de ce volume pourront être :

  • la présence de salissures ou de tout corps étranger,
  • toute forme d’emmêlement,
  • un poil trop « plaqué » sur la peau, par suite par exemple d’un séchage naturel après une exposition à l’eau ou même à l’humidité.

Au contraire, un pelage débarrassé de toute souillure, auquel on aura donné un maximum de gonflant, se révélera par nature à l’apogée de sa capacité de protection…

Pour un toilettage intelligent, par Michel Georgel

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